Romain Grégoire : « Mon rêve ? Gagner le Tour. »

Né en début d’année, Romain Grégoire, 17 ans, est licencié au club de Besançon (AC Bisontine). D’habitude, il prend le train tous les jours pour aller au lycée Jules Haag. Mais en ce moment, plus besoin de train pour aller en cours. La classe s’est à la maison qui l’a fait comme des millions de lycéens.
« Dès le début du confinement, j’ai pris tout de suite un rythme de travail. On a des cours tous les jours, je me lève pour être opérationnel vers 8h. En fin de matinée je m’octroie une séance de sport avant de déjeuner en famille. C’est ça qui change, on mange ensemble, c’est très bien. Puis l’après midi, de nouveaux des cours, nos profs nous donnent pas mal de travail, donc faut être bien actif… Enfin en fin de journée, je termine par une séance de mobilité / gainage. » Voila donc un programme bien organisé. Alternant de domicile entre celui de son père et celui de sa mère, Romain s’adapte à son environnement. « J’arrive aussi à aller courir dans la campagne attenante de temps en temps. C’est un défouloir. »

Cette période trouble, Romain s’est donc adapté : « on n’est pas les plus à plaindre, on fait comme tout le monde, on s’adapte. Un cycliste doit s’adapter à son environnement, des courses plates, des cols, de la pluie, du froid ou des grandes chaleurs, on est constamment en train de s’adapter. Là, c’est pareil, On s’adapte. Je me dis que c’est pour mieux préparer la saison prochaine. » Lors de cet entretien, Romain venait d’apprendre coup sur coup l’annulation de la Classique des Alpes Junior et du Tour du Valromey. Un coup de massue. « Sur le coup, les choses s’écroulent. Cela fait des mois que je pense à ces deux courses. Mais bon, y a pire en ce moment, le vélo n’est qu’accessoire. Donc on relativise rapidement.« 
Les journées sont donc bien remplies : « en plus, avec la team Van Rysel – AG2R LA MONDIALE, on a des visioconférences. Cela nous permet de découvrir de nouvelles choses. On a par exemple rencontré Thomas DAMUSEAU qui a été coureur pro pendant plusieurs années, puis travaille aujourd’hui dans une équipe pro dans la gestion du matériel… On a posé des questions sur la récupération à Nans PETERS et sur le CLM à Valentin MADOUAS, à Julien JURDIE, directeur sportif sur son métier. On découvre d’autres choses du cyclisme, des rencontres que l’on n’aurait pas pu avoir jusqu’à présent. » Ces visios conférences, ce sont aussi des moments d’apprentissage pour Romain : « on aborde aussi des sujets sur l’entrainement en profondeur. J’aime bien toutes ces activités. On fait par exemple des séances de renforcement musculaire chacun derrière sa webcam, y a un coach là pour nous expliquer, nous corriger. »
Romain devait prendre le départ du Grand Prix E3 Bink Banck Classic le 25 avril prochain, en Belgique : « j’attendais ça avec impatience. A la fois courir avec la team mais surtout courir en Belgique. Découvrir le cyclisme belge et international. »

Venu au cyclisme par le VTT, « car mon père en faisait beaucoup » en pupille, puis Romain débute en minime 2 sur la route pour faire plus de compétition. Grâce au cyclocross qui débute durant l’hiver juste avant la route, le plaisir de faire du vélo s’ajoute aux résultats.
« J’aime bien varier les disciplines. Le cyclisme permet cela : un jour tu fais du VTT, le lendemain tu es sur route… tu varies, tu ne te lasse pas. Dans l’entrainement, c’est ce que j’aime faire, changer de discipline.« 
Avant le cyclisme, Romain a touché à tout : football, tennis, karaté, badminton, athlétisme plusieurs années… « quand t’es môme, tu changes chaque année de sports… » Mais le vélo a été le sport qui l’a le plus plu.
Pas casse-cou malgré ses attirances pour les sports extrêmes « que je regarde à la TV« , Romain s’est essayé aussi à l’équitation qu’il a arrêté il y a 2 ans « sport qui demande de la patience, de l’écoute, de la rigueur avec le cheval« .

« Sur le vélo, j’oublie tout. » Romain aime aller se balader sur sa machine sur les routes de Franche-Comté. « Dès que je sors de chez moi, j’ai des routes tranquilles avec peu de circulation. J’aime voir les paysages, je me sens seul au monde. C’est un sentiment de liberté que j’affectionne. Je préfère les entrainements seul, car tu vois, tu es indépendant, tu n’as pas de contrainte. Tu t’arrêtes pour observer un paysage si tu veux, et quand tu veux.« 
Faire 4 heures seul sur le vélo ne dérange pas Romain. « Quand ma copine me demande à quoi je pense sur le vélo pendant 4 heures, j’ai du mal à répondre. En fait, tu lâches prise avec tout le reste, c’est ça qui est génial avec le vélo, tu oublies tout le reste… et tu roules. »
L’entrainement est une chose sérieuse et qui se prépare : « je prépare toutes mes sorties, ce que je fais est préparé, est carré : le parcours, les exercices, la durée, je trace mon parcours, rien n’est laissé au hasard« .
Perfectionniste, rigoureux, exigeant vis à vis de lui-même, Romain sait ce qu’il veut. « Je commence bien à me connaitre« .
Bon, parmi ses coureurs préférés, il y a Thibaut PINOT bien sûr « pour mon côté chauvin« , mais il aime bien VALVERDE et ALAPHILIPPE « par ce que ceux sont des coureurs complets« .

« Gagner le Tour !« 

Romain Grégoire

Quand on demande à Romain, quel est son rêve, c’est sans détour et hésitation qu’il répond d’une voix sûr et claire : « gagner le Tour ! » Le Tour de France, c’est sa course… et pourquoi ? « par c’est LE Tour. Quand on parle de vélo à quelqu’un, il vous répond « Tour de France ». C’est plus qu’un monument… « 
Romain, en terminale S actuellement, a le profil d’un grimpeur. « je pense que je suis aussi un peu passe-partout, j’ai pas envie d’être trop dans une catégorie de coureur actuellement, c’est pour cela que je veux m’essayer sur d’autres terrains de jeux. Bon cette saison c’est un peu râpé… l’an prochain, j’aurai envie de me rattraper, je veux tout essayer ». Romain est un peu comme Thomas TACHOT (lire ici son portrait), un gars sérieux, qui sait ce qu’il veut faire, et au profil de coureur similaire.
Chacun à ses qualités et ses défauts. Alors Romain, tes qualités ? « je suis quelqu’un de rigoureux, je me connais bien. » Et tes défauts ? (un long silence…. et puis…) « peut être trop discret… et surtout trop gourmand. Je me surveille car j’aime bien manger et en cette période, on peut faire vite n’importe quoi… »

L’échange se termine sur l’avenir « incertain, on est dans le flou. Aura-t-on une saison ? » Romain reste très lucide : « le monde du sport est de plus en plus économique, il y a de plus en plus de pression médiatique, des sponsors. L’impact du COVID-19, personne ne le mesure actuellement. Il y aura un impact forcément, à tous les niveaux, des amateurs aux professionnels. On devra s’adapter. »

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