Retour d’expérience avec Pierre MONCORGE

Aviez-vous lu l’article sur Pierre Moncorgé dans Génération Avenir #8 ? Nous vous proposons de le (re)découvrir.

Petite présentation, depuis quand fais-tu du vélo ? Ton parcours cycliste, ton coaching.

J’ai débuté le vélo assez tard, en Cadet 2, après 10 ans de foot. Une 4ème place à ma première course m’a lancé, les résultats ont toujours été l’un des principaux moteurde ma passion. J’ai vraiment commencé à m’investir en Junior, toujours au sein d’un petit club où régnait unetrès bonne ambiance, l’ECPBSGL à côté de Lyon. J’ai eu la chance d’évoluer dans un bon entourage, grâce à monclub, et prenait tous les conseils qu’on me donnait. Le cyclisme est loin d’être un sport où il faut juste appuyerfort sur les pédales, beaucoup d’autres aspectsrentrent en compte dans la performance, ce que j’aicommencé à intégrer dans les années «Junior».Le cyclisme permet d’apprendre à mieux se connaître,s’écouter, dépasser ses limites. Tout coureur qui veutprogresser va vite s’apercevoir qu’il ne faut pas uniquement« faire des bornes », mais qu’il faut avoir un entraînementde qualité, une bonne hygiène de vie, maîtriser son matériel…mais aussi être un bien dans sa tête…

C’est cette approche globale que m’a notamment transmise la U19 Racing Team. En intégrant la Team à l’issue de ma saison de Junior 1, je pensais surtout obtenir un coup de pouce matériel, ayant un vélo à 10kg lesdeux premières saisons…Mais en me permettant de rencontrer et travailler avec un coach, David Giraud, alors étudiant en entraînement, j’ai pu continuer à bien progresser,tout en apprenant énormément. Par ailleurs, je n’avais aucunes notions en mécanique, et c’est grâce à la Team qui j’ai pu apprendre les bases essentielles. Après une seconde année junior plutôt réussie, j’ai pu intégrer un club de DN1, proche de chez moi, le TeamVulco Vaulx-en-Velin. Te voila en Espoir 2.

Comment s’est passé ton passage de junior à espoir ?

Il a été très tranquille, pris avec des précautions (débuts en 2ème catégorie), pour ne pas se « griller » aussi bienphysiquement que mentalement. Vaulx-en-Velin a eu le mérite de créer une équipe d’espoir 1ère année, dans un soucis de formation et d’intégration progressive à laDN1. Elle y a mis les moyens, ce qui n’a fait qu’augmenter notre motivation, avec un bon calendrier de courses par étapes, idéal pour apprendre à courir en équipe. Une notion désormais essentielle chez les pros comme chez les amateurs pour performer. Le cyclisme à haut-niveaunécessite de programmer, de planifier, d’anticiper, bref d’être organisé. C’est l’une des clés du succès. En commençant réellement à m’entraîner le 1er février, après un voyage à Malte en janvier pour apprendre l’anglais,je savais que j’arriverai en forme un peu plus tard. Mes dirigeants l’ont compris et accepté. Avec cette reprisetardive, en seconde catégorie, mon passage de juniora espoir s’est donc fait en douceur. Je suis arrivé enforme comme prévu en mai, et gagné des courses, dans l’excellente dynamique de l’équipe qui fonctionne à merveille. Nous sommes trois avec Geoffrey Bouchard etAlban Comparat à monter en 1ère catégorie le même week-end, le 10 juin, après une nouvelle victoire.

T’es-tu sentis suffisamment préparé pour arriver chez les espoirs ? Que t’a t il manqué ?

Oui je me suis bien senti préparé dans la mesure où j’ai débuté en 2ème catégorie. J’avais évidemment déjà couru (et gagné) à ce niveau en junior, donc il n’y avait pas de raison de s’inquiéter. Mon objectif était de gagner des courses rapidement pour monter. C’était d’ailleurs quelque chose d’important pour le club (et pour nous), de garder « le réflexe» de la gagne. D’ailleurs, Alban et moi avons récidivé en 1ère catégorie en fin de saison…J’ai pris mon temps, c’est certain, mais j’aurais pu progresser plus vite avec une vraie préparation hivernale. J’ai privilégié Malte, le vélo, on en fait déjà 10 mois sur12, donc ca fait du bien de se changer les idées et de faire autre chose quand on le peut encore. Même si j’adore la compétition, c’est tout de même exigeant desavoir que presque l’ensemble des week-end de février à octobre sont réservés au vélo…Au final je ne regrette pas du tout mes choix, il y a peut-être certains espoir 1 qui ont accédé à la 1ère catégorie et aux grandes courses plus tôt, mais finalement à la fin de la saison on en est au même point. J’ai même pris de l’avance en prolongeant ma saison fin octobre par une course de 10 jours en Nouvelle-Calédonie ! Après, tout dépend du coureur, il est évident que je vois mal un PHL (Pierre-Henri LECUISINIER) rester en 2ème catégorie jusqu’à juin…il a sans doute mieux à faire, et déjà le niveau pour !

Quand tu regardes dans le rétroviseur, comment vois tu tes années juniors ? Que changerais-tu ou améliorerais tu ?

J’entends souvent dire à propos des années «Junior» que «ce sont les plus belles années ». J’en garde un super souvenir. Ce sont des années clés, charnières entre les cadets, catégorie qui ne garantit pas un bel avenir si on ne sait pas se remettre en question, et les espoirs, qui sont les années décisives pour ceux qui souhaitent passer pro, ou faire une petite carrière en élite. Ce sont deux longues années (les saisons rallongent), durant lesquelles on peut développer sa passion. Le travail et le sérieux payent, un coureur qui s’entraîne bien (pas forcementbeaucoup) et ne fait pas n’importe quoi à côté, en ayant un minimum d’hygiène de vie, sera récompensé. Il ne faut pas se prendre la tête loin de là, ce sont des années «plaisir.» Il n’y a pas de pressions particulières, et si il y en a de la part de la famille, d’un club…il faut savoir s’en détacher, surtout si cela a un effet négatif. Les études avec le passage du Bac doivent rester une priorité, il n’y a pas de « junior pro », on ne peut pas se permettre de faire que du vélo en junior et tout laisser tomber à côté. Le bac est aujourd’hui un minimum à avoir. C’est évidemment tout à fait possible de conjuguer lycée et vélo, avec un peu d’organisation. Les années junior permettent aussi de prendre part à des courses magnifiques, dans une grande partie de la France, ce qui est aussi très enrichissant. Il faut en profiter ! Si je pouvais améliorer quelque chose, je changerai ma façon de courir sur certaines courses. En allant assez vite au sprint, j’ai eu trop tendance à demeurer attentiste, alors que je pouvais souvent faire mieux. Cette prudence me vient aussi demes débuts, je n’ai jamais été dans la facilité, je souffrais déjàpour suivre le peloton…

Comment vois tu ta saison espoir 2 ?

Les choses sérieuses commencent vraiment. Je ne ferai pas du vélo toute ma vie, et me donne quelques années pour progresser au maximum. J’espère faire de bons résultats sur des belles courses élite. Je m’organise du mieux possible, à l’avance, pour réussir à concilier une pratique de haut-niveau qui prend sans cesse plus de temps (entraînements, déplacements…) et mes études de Science-Politique, sans sacrifier ma vie sociale non plus… Parfois je me dis que ce serait plus simple, comme beaucoup de 1ère catégorie, de ne faire que du vélo. Mais j’apprécie mes études, qui me permettent de ne pas m’enfermer dans le monde du vélo. Et certains exemples montrent qu’il est possible de concilier les deux, à l’image de Romain Bardet. Tout simplement comme beaucoup de coureurs, j’espère gagner des courses !

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