Dossier : les capteurs de puissance

Question de puissance…

Hors sports mécaniques, le cyclisme est aujourd’hui une discipline dont il est possible d’avoir de nombreuses informations, dans le but d’optimiser son potentiel physique à travers l’entraînement

Diverses solutions technologiques et électroniques comme la mesure de la puissance sont devenus indispensables pour les coureurs et le staff technique. La U19 Racing Team a pris cette orientation cette année d’équiper certains de ses coureurs d’un capteur de puissance. Ce sont des capteurs QUARQ, marque appartenant à notre partenaire SRAM qui ont été choisi.

L’apparition de la puissance

En 1986, l’Allemand Ulrich Schoberer conçoit le premier capteur de mesure de puissance Schoberer Rad Messtechnik mieux connu sous le nom de SRM. Cette variable était un des éléments que chaque entraîneur ou physiologiste voulait obtenir afin de quantifier la réalité de l’effort cycliste.

En effet, la puissance donne une valeur directe de l’intensité. Le cycliste arrête de pédaler, la puissance est nulle, il accélère et les valeurs remontent instantanément. La puissance exprimée a également l’avantage de ne pas varier en fonction de paramètres extérieurs comme la température, la fatigue ou l’altitude.

Un capteur de puissance :  mais ça sert à quoi ?

C’est le moyen d’objectiver la performance. Le capteur mesure la PUISSANCE – témoin externe de la performance – qui correspond à l’énergie mécanique produite par le coureur pour se propulser.

La puissance est une valeur mesurée, immédiate, sans délai et non influencée par des facteurs extérieurs, (comme peut l’être la vitesse, la fréquence cardiaque…) constituant une valeur de référence individuelle. Exprimée en watts, la puissance est la résultante du couple de force appliqué sur les pédales multipliée par la fréquence de pédalage. Autrement dit, la puissance est donc l’association de la force et de la vélocité :

Puissance (en Watts ) = Couple ( en N.m ) x Vitesse de rotation ( en Rad/s )
en plus simple Puissance = Force x Vélocité

Le profil physiologique… une véritable signature !

Frédéric Grappe et Julien Pinot (chercheurs à l’Université de Besançon – entraîneurs à la FDJ) ont proposés une méthode permettant d’établir le Profil de Puissance Record (PPR) du cycliste. A partir des puissances record relevées sur des durées comprises entre 1 sec à 4 heures, le PPR constitue une véritable signature du potentiel physique du coureur. Cette base de données personnelle permet alors d’améliorer le suivi individuel du sportif du quotidien au long terme et de savoir où se situe l’athlète par rapport à son potentiel maximal.

S’entraîner mieux…  avec la même quantité…

A l’entraînement le coureur, va pouvoir visualiser très précisément la zone d’intensité dans laquelle il se situe. Il pourra ainsi optimiser le qualitatif en s’entraînant mieux, tout en gardant le même volume de travail. L’enregistrement et l’analyse post-séance permettent une planification d’entraînement et un suivi ultra-personnalisé adapté aux objectifs. Le couple entraîneur/entraîné peut alors parfaitement débriefer sur la séance, même s’ils sont à plusieurs centaines de kilomètres l’un de l’autre.

Le PPR. A chaque point correspond la puissance record de l’athlète. En faisant un suivi quotidien, il est ainsi possible de savoir où se situe le coureur par rapport à son potentiel maximal.© Julien Pinot
Le PPR. A chaque point correspond la puissance record de l’athlète. En faisant un suivi quotidien, il est ainsi possible de savoir où se situe le coureur par rapport à son potentiel maximal.
© Julien Pinot

En course, le capteur de puissance s’apparente à un « compte-tour moteur »

Conjugué aux sensations ressenties, le capteur indique au coureur à quel niveau d’intensité il produit son effort. Le coureur est informé de son « régime moteur », ce qui lui permet de gérer au mieux l’effort et d’éviter les efforts parasites ou la zone rouge. La visualisation de la puissance permet d’optimiser le rendement (position, cadence, braquet …) et la gestion de l’effort solitaire notamment comme en contre la montre, en échappée ou dans un col.

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Le pédalier QUARQ

Ce pédalier crée aux USA en 2007 permet de déterminer la puissance développée à partir de 10 jauges de contraintes qui mesurent la force appliqué sur les pédales. Pour la route, deux modèles sont proposés, le SRAM QUARQ S975 à 1795$ (1600€) et le SRAM QUARQ Red à 1995$ (1800€). Ils existent également d’autres pédaliers compatibles avec le système QUARQ comme le pédalier Spécialized, Rotor ou FSA.

Un système sans fil
QUARQ est le premier capteur de puissance ANT+ à avoir été commercialisé. Il est donc compatible avec toutes les unités ANT+ (dont Garmin Edge 500, Edge 705, Edge 800).

Cet outil à certes un coût d’achat, mais l’utilité d’un tel appareil pour la préparation des coureurs n’est plus à faire. Ce n’est pas par hasard si 80% du peloton professionnel utilise ces outils…

 

Source : http://www.fredericgrappe.com/recherche/mesure/infopuissance.pdf

Nicolas Boisson, responsable sportif / coach à la U19 Racing Team – nicolas.boisson@u19racingteam.fr

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