DOSSIER : S’entraîner avec un capteur de puissance

Par Nicolas Boisson – responsable projet sportif à la U19 Racing Team – nicolas.boisson@u19racingteam.fr

Comme vous le savez, SRAM, un de nos fidèles partenaires a équipé quelques coureurs de la U19 en capteur de puissance QUARQ.

Présent dans le monde professionnel du World Tour avec plus de 90% des coureurs, cet outil aux nombreuses données est dorénavant utilisé avec nos jeunes.

Dans un premier temps, les objectifs au sein de la U19 de cet outil sont pour l’athlète de se familiariser avec la puissance, et pour l’entraineur, de suivre les entrainements de son athlète malgré la distance tout en suivant l’évolution du potentiel physique de son athlète sur le long terme.

Après que les coureurs aient eux-mêmes monté leurs vélos BTWIN Facet à l’occasion du stage de Noel, nos 4 coureurs équipés du QUARQ (Valentin Madouas, Jules Roueil, Damien Touzé et Pierre Idjouadiene) ont effectué les premiers tours de pédales en y relevant de précieuse informations !

Quelques exemples de données extraites à partir du QUARQ + GARMIN 500.

A partir d’un logiciel pour la lecture des fichiers de puissance, il est possible d’analyser en intégralité la sortie de l’athlète, comme sur le graphique ci-dessous. On y retrouve ainsi de multiples données comme le temps, vitesse, distance, fréquence cardiaque, cadence, température, dénivelé… mais surtout des données de puissance qui exprime l’intensité de l’effort. Avec ce logiciel, de nombreuses statistiques sont calculé automatiquement comme les records de puissance sur des durées allant de 1 secondes à 5heures ou plus.

Sortie de 4 heures effectuée par Damien Touzé.

Ce qui est vraiment intéressant sur le long terme, c’est de suivre l’évolution du potentiel de l’athlète. En envoyant chaque sortie après l’entrainement à son entraineur, ce dernier peut voir ce qu’a réellement fait son coureur – sans avoir été présent avec ce dernier. De plus, au fur et à mesure des semaines, des mois ou des années, l’entraineur  peut savoir l’état de forme actuel de son athlète, là ou le résultat en compétition n’est pas toujours significatif (car influencé par de nombreux facteurs).

Comparaison des pics de puissance entre le record personnel et la sortie effectuée.
Ici, le coureur a battu son record sur 5mn.

Aujourd’hui, l’utilisation de la fréquence cardiaque est controversée quant à son utilisation. En effet, cette dernière va être influencée par l’état de fatigue du coureur, la température, l’altitude, l’hydratation… ou difficilement exploitable sur un effort court et violent. Sur un sprint par exemple, la fréquence cardiaque n’a pas le temps de monter et d’atteindre des valeurs élevées alors que l’effort est à son maximum.

Sur le graphique ci-dessous qui représente la répartition des temps passés dans chaque zone pour la puissance et la fréquence cardiaque (FC), ces faits sont bien illustré. Si l’on ne regarde que la FC, on pourrait en déduire que l’athlète a principalement fait une sortie de récupération alors qu’en réalité, cette sortie avait pour but le développement de la force maximale (sprint) .


Répartition du temps passé dans chaque zone (valeurs de puissance et de fréquence cardiaque).

La séance ci-dessous (qui avait pour rappel le développement de la force maximale) était composée de 10 sprints à réaliser sur le 52*14 – braquet maximal en juniors. Les sprints devaient être effectué en ligne droite, sur le plat, mains en bas du guidon avec un départ à 25km/h.

A la fin de l’entrainement, un vrai débriefing peut-être fait entre l’entraineur et le coureur à l’aide de ces données.

Premier constat, le coureur n’a effectué que 9 des 10 sprints demandés (bien qu’il pensait en avoir fait 10 !). Au niveau des valeurs de puissance (courbe jaune), les pics maximaux oscillent entre 850 et 1082 watts. De plu, en zoomant sur la courbe, on peut voir d’autres informations comme la vitesse, la cadence … à laquelle l’athlète a lancé son sprint, ou encore la force appliquée sur les pédales. Cela permet par exemple, de voir si son athlète est meilleur en faisant des sprints sur la force ou sur la vélocité.

 

Dernier point relatif à cette courbe, on aperçoit une interruption au bout de 20mn de vélo… une crevaison réparée en moins de 8mn ! Chapeau.

L’utilisation de la puissance au quotidien ne doit pas être faite pour « fliquer » son coureur, mais pour l’aider à améliorer la qualité de son entrainement, suivre l’évolution de son potentiel et le former aux nouveaux outils de la performance.

N’hésitez pas à poser vos questions par email à Nicolas Boisson : nicolas.boisson@u19racingteam.fr

Accompagner, Former, Tester…

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