Coaching : Se faire mal tout en prenant plaisir.

Si l’on reprend la définition du masochisme selon Wikipédia qui est défini comme celui qui est à la recherche du plaisir dans la douleur, on peut dire les cyclistes font partie de cette catégorie. Rien de péjoratif dans ces propos, vous allez comprendre pourquoi.

Le cyclisme est un sport qui s’associe très volontiers à la douleur physique psychologique. Se faire mal dans vos séances d’entrainements pour vous donner les moyens de réussir, de progresser et de devenir meilleur que votre adversaire ou par rapport à vous-même sont le but de vos sorties ; et tout ceci en y associant le plaisir de vous évader sur vos parcours préférés.

« Avant de me faire mal, je pensais que j’allais faire mal aux autres » Bernard Hinault

On entend souvent que la douleur n’est qu’un mot… certes, mais un mot qui fait mal, un mot que l’on préfère généralement écarter de son vocabulaire, de ses pensées ou que l’on préfère laisser à ses rivaux. Et pourtant, personne ne peut y échapper dans la vie quotidienne, et encore moins si l’on s’accorde à faire le lien entre la douleur et le mal. Car oui, ça fait mal de se lever tôt pour aller en cours, ça fait mal de payer 8€ pour un ciné, et ça fait encore plus mal la séance de lactique ou de musculation que vient de vous donner votre entraineur. Et pourtant, un peu de douleur dans votre journée ce n’est mal pour se faire plaisir et progresser. A ce moment, on se dit que l’on peut en rajouter encore un peu plus : plus de douleur, plus de mal tout en sachant que c’est pour notre bien.

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Trop difficile, Trop dur…. Attention à ne pas dépasser la limite.

La limite n’est qu’une question de frontière, mais une frontière individuelle qui est propre et qui très différente suivant les individus. Cette limite, personne ne pourra la déplacer directement hormis vous. Peu importe les séances de seuil, de pma ou de lactique que vous aurez à faire, c’est votre engagement et votre capacité à aller plus vite, plus loin, plus fort…qui vous fera progresser. L’exemple d’un contre la montre ou d’un effort en montagne sont les meilleurs exemple. Qu’est ce qui vous ralentit dans votre effort ? Les jambes ? Non – c’est votre mental !

Dans notre société actuelle, les écarts se creusent de plus en plus à tous les niveaux.

Chez les sédentaires d’activités sportives, nous aurons celui qui fera très attention à la qualité et aux labels de son alimentation, celui qui se voudra refuser toutes activités sportives et toute hygiène de vie et pour ne pas trop rentrer dans les clichés, je resterai uniquement avec l’image de l’accro aux jeux vidéos qui lui n’hésitera pas à s’acharner sur un Call Of Duty ou à exterminer le monde par le mal dans un autre jeu.

Chez les sportifs, nous avons d’un côté, notre sportif qui se fera plaisir en allant à la salle de sport, seul ou entre ami et qui acceptera de s’accorder un peu de douleur avec quelques abdos ou footing à jeun. Les sportifs de bons niveaux qui s’impliquent à 100% dans leurs entraînements mais qui n’oublient pas de se faire plaisir avec quelques soirées ou repas festifs ou encore nos bons athlètes pour qui seul la compétition est la vie. Hygiène de vie au millimètre, grosse séance d’entrainements, optimisation de la récupération : rien n’est laissé au hasard.

Je parlais plus haut de la limite, cette dernière est souvent assimilée comme un confort que l’on ne souhaite pas dépasser. Refuser d’aller au delà de ce seuil , cette zone rouge, est dans le sport synonyme de décroissance des capacités physiques. En effet, en baissant son niveau d’exigence, d’implication, vous allez obligatoirement avoir une perte de votre potentiel au fur et à mesure des années.

Le plus important dans la douleur, ce n’est pas de savoir si l’on a mal, si la douleur est nécessaire mais bien de savoir ce que l’on fait, ce qui se passe et ce qu’on se dit lorsqu’on dépasse la frontière du raisonnable. Notre cerveau envoi de nombreux signaux à l’organisme avec de maintenir l’équilibre du corps (homéostasie) comme de la fatigue, de l’acide lactique, des courbatures, des tendinites voir même des troubles de la vision ou des hallucinations pour les cas les plus poussés.

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Besoin de se faire mal ?

Chacun d’entre nous à déjà ressenti le besoin de se défouler après une longue journée d’école. Pour ceux qui enfourchent le vélo à ce moment (en tenue cycliste ou pour rentrer chez vous en civile), dès le pas de la porte, c’est un top départ sans échauffement à bloc où très vite vous partez, le cœur s’emballe et ce goût de sang dans la gorge vous rappelle ce manque d’échauffement. Bien que le risque de blessure soit minime sur cette pratique, ce n’est pas une raison pour s’élancer à fond.

Attention, si ce besoin express de canaliser votre trop plein d’énergie se fait sur une activité extra vélo. Course à pied, Foot, Musculation… un manque d’échauffement sur ces sports et c’est un risque de blessures fortement accrue. Laissez le temps à vos muscles de s’échauffer, les tendons prendre un peu de souplesse, les articulations se lubrifier et augmentez progressivement l’allure. En fin de séance, laissez-vous du temps pour récupérer avec un retour au calme progressif : marchez, étirez-vous et n’oubliez pas de vous hydrater.

Faites bien la différence entre la bonne et la mauvaise douleur.

Avoir mal aux jambes lié à un effort soutenu et avoir mal aux jambes en pleine tendinopathie n’est pas la même chose. Sur une blessure, je vous conseille très fortement d’accepter de lever le pied plutôt que de guérir le mal par le mal. Si vous êtes dans ce cas, je vous recommande vivement un article d’un de mes collègues (Loic Arbez) sur la gestion des blessures.

La bonne douleur s’apprivoise au fil des jours, des mois, des années. Avec l’entrainement vous allez progresser dans votre capacité à performer que ce soit d’enchainer les kilomètres, diminuer votre temps pour tel ou tel circuit… Des performances jugées inaccessibles il y a quelques mois seront à votre portée.

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Le sportif aime prendre soin de lui.

Assez paradoxalement, les cyclistes n’hésitent pas « se faire mal à la gueule » car ils y prennent plaisir sur les efforts qu’ils soient long ou intense – sous la pluie et le froid ou par forte canicule … mais ce sont aussi des personnes à l’écoute de leur corps et qui le réconforte. Jambe en l’air, bas de compression, massage, collation jus de raisin – céréales bio – lait de soja… c’est un plaisir que vous vous donnez et tout à fait légitime.

Comme dans chaque activité sportive, le cyclisme est sport qui doit être pris comme un jeu. Un jeu où vous devez prendre – plaisir – qui doit se faire suivant propre définition. Pour certains, la balade du dimanche suffit, tandis que pour d’autres seuls les victoires les combleront. Je ne suis pas là pour casser vos rêves ou votre dynamique, mais pour continuer d’avancer et de progresser, le paramètre important est le goût de l’effort. Variez les activités, vos circuits, vos contenus d’entrainements, les séances types : évitez la monotonie et innovez. LE PLAISIR est la clef du succès.

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