Ça Bordure !

Le cyclisme sur route étant une activité extérieure, le coureur cycliste doit s’en cesse s’adapter aux conditions climatiques : pluies, températures extrêmes, VENT. Qu’il soit de face, de dos, de côté  il est un élément important à prendre en compte pour ajuster sa stratégie de course. Récemment, nous avons eu le parfait exemple de l’influence que peut avoir le vent sur le déroulement d’une course. Sur Paris-Nice des étapes se sont courus à des vitesses folles, 51 km/h de moyenne, dû principalement à un fort vent de dos. Nous avons vu  des équipes former des éventails pour créer des bordures et faire la différence avec leurs adversaires .

L’éventail

Élément de base de la bordure, l’éventail est une organisation spécifique d’un groupe de coureurs pour lutter au mieux contre le vent. En effet, lorsque le vent vient de ¾ face, de côté ou de ¾ dos, il est nécessaire de rouler en éventail pour abriter les autres coureurs du groupe. Le coureur de tête doit se décaler sur la route du côté d’où vient le vent pour protéger les autres coureurs, quand il passe le relais il s’écarte du côté du vent et se replace dans la roue du dernier du groupe. La position des coureurs les uns par rapport aux autres varies selon l’orientation du vent, même si l’on a coutume de dire qu’il faut mettre sa roue avant au niveau du pédalier du coureur qui nous abrite.

L’éventail peut être simple ou double, cela dépend du nombre de coureurs présents dans le groupe et de la situation dans laquelle ils se trouvent. On préférera un éventail simple lorsque l’on se trouve en petit comité. C’est le cas, par exemple, lors des es contre la montres par équipe et un éventail double lorsque les coureurs sont à l’entraînement ou en échappée. Les deux types d’éventails peuvent être utilisés pour créer une bordure. Encore une fois tout dépend du nombre de coureurs dans l’éventail, de la taille de la route.

La bordure

Comme on le peut le voir sur l’image ci-dessus, la bordure débute à la fin de l’éventail. Le premier coureur n’étant pas abrité par l’éventail est le premier coureur de la bordure. Ainsi tous les coureurs se situant derrière lui sont en fil indienne. Ils forment la bordure.

Pour créer une bordure, il faut que le vent souffle fort de manière latérale. Si c’est le cas, les premiers coureurs du peloton vont former un éventail en de décalant du côté de la route d’où le vent vient. S’ils le souhaitent, ils pourront accélérer le rythme cela aura pour conséquence d’étirer le peloton et de former une  bordure derrière eux. Si l’accélération est brusque ou que ce phénomène dure dans le temps, les coureurs de la bordure n’étant plus abrités du vent, finiront par perdre le contact avec le groupe de tête. Une fois la bordure créée, c’est le portier, le dernier coureur de l’éventail, celui qui ne participe pas aux relais, qui décide de la suite de la manœuvre. En effet, c’est lui qui indique aux coureurs présent dans l’éventail si il faut resserrer celui-ci pour réduire le nombre de coureurs ou au contraire, l’écarter pour y laisser entrer un ou plusieurs coureurs.

Les éléments incontournables pour une bordure :

  • fort vent : nécessaire pour que les coureurs cherchent un abri derrière un coureur pour s’économiser
  • vent ¾ dos ou latéral : le vent ¾ dos va permettre à l’éventail de progresser à des vitesses très élevées et donc à créer une différence entre les coureurs se trouvant dans la bordure plus rapidement.
  • routes dégagées : évidemment il faut qu’aucun élément ne protège les coureurs du vent (haie, forêt, habitation..)
  • une ou plusieurs équipes équipe soudée : c’est une action collective et non individuelle.
  • Préparer son coup : il convient d’étudier le terrain et le vent en amont de la compétition et de choisir le moment propice pour réaliser son “coup de bordure”. Un membre de l’équipe connaissant la région ou ayant déjà participé à l’épreuve, peut annoncer au briefing quels sont le ou les moments opportuns ou de vigilance.

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