Bastien TRONCHON, « j’ai besoin de pression pour performer »

Bastien TRONCHON, junior 2 du club de La Motte Servolex, surveille chaque jour la température de sa nouvelle piscine au pied de sa maison à Chambéry. Dans le contexte actuel, il va pouvoir bientôt en profiter pleinement. « Je préfèrerai être sur un vélo comme tout le monde. Je vis bien cette période de confinement, en famille, à la maison. Nous avons tous les mêmes contraintes, donc d’une certaine manière, c’est plus facile à encaisser. » Bastien attendait beaucoup de cette 2e saison chez les juniors : « j’ai sacrifié la course à pied cet hiver pour le vélo, c’était l’année où je voulais plus m’exprimer. J’avais fait un gros bloc foncier pour pouvoir performer sur Nokere le 14 mars dernier, puis Paris Roubaix. Les coureurs comme les Espoirs 4 se posent des questions. Pas de saison, pas de résultats, pas d’avenir… C’est un peu pareil pour les Juniors 2. Y a une grosse frustration de ne pas pouvoir faire la saison junior 2. J’ai l’impression de passer à côté de belles choses ».

Son quotidien est semblable aux autres coureurs de sa génération : « j’ai mis en place une routine pour m’occuper, et garder une bonne hygiène de vie. Je cuisine alors qu’avant je n’avais pas vraiment le temps. J’ai beaucoup de devoirs à rendre, on n’a pas ou très peu de visio avec des profs. Enfin, il y a les visios conférences avec VAN RYSEL AG2R LA MONDIALE. C’est une bonne bouffée d’oxygène. L’autre soir, on a passé 1h30 avec Benoit COSNEFROY, il nous a raconté son championnat du monde U23, sa façon de courir, des conseils de stratégie de courses, j’ai vraiment bien aimé. C’est un mec trop cool. »

Venu au cyclisme par hasard, par un copain, « j’ai fait de la gym pendant 7 années. J’ai battu mon collègue du club de La Motte Servolex en pupille 2 lors de ma première course. J’ai tout de suite accroché à cet aspect compétition. Je me suis mis ensuite à l’athlétisme pendant 4 années jusqu’à cet hiver. »
Faire des choix. Bastien a du faire des choix dans sa carrière sportive :  » j’ai fait de l’athlétisme pendant 4 ans à haut niveau, j’ai voulu continuer jusqu’à cet hiver à faire les 2 disciplines en parallèle. C’était de moins en moins compatible. J’avais besoin de faire les 2. C’est deux mondes différents, cela me permettait d’avoir un bon équilibre. »

Compétiteur d’abord : « en fait, je suis un compétiteur avant d’être un cycliste. La compétition, la tactique à mettre en place, l’esprit d’équipe, ce sont des choses qui me motivent. J’ai besoin d’avoir un but, un objectif. Je marche comme ça. A l’entrainement, je pense à la prochaine course, au prochain grand objectif. J’aime bien rouler en groupe, avec les copains, mais je sais aussi que j’ai besoin de rouler seul pour faire du travail spécifique, pour que je sois concentré uniquement sur ce travail, pour bien faire. »
Bastien commence à bien se connaitre. Travailleur et fonctionnant à l’objectif, « j’ai besoin d’avoir la pression pour réussir. Je pilote ce que je fais, je planifie mes parcours, mes séances, le temps, la distance, je ne fais rien au hasard. »

Très attaché aux liens familiaux, sa famille est son refuge protecteur. Aimant bien passer du temps avec ses amis, Bastien aime cependant aussi les sports extrêmes, donnant de l’adrénaline.

Comme tout coureur, Bastien a ses coureurs pros « modèles ». « J’aime bien le panache de Julian ALAPHILIPPE, c’est un courageux. Mathieu VAN DER POEL fait ce que personne n’a jamais fait. Il rabat les cartes. Il ose. »
Si Bastien n’a pas de course préférée dans la tête, il aime les courses à étapes : « en junior 1, j’ai participé à des courses à étapes de plusieurs jours, comme le Tour du Valromey ou Aubel Thimister Stavelot en Belgique. Je me suis rendu compte que j’encaissai de mieux en mieux les étapes au fil des jours, que je récupérais bien. Et puis il y a une part de stratégie tactique chaque jour différente à mettre en place, comme défendre un maillot blanc de meilleur jeune en Belgique. »
Bastien n’est pas encore fixé sur son profil de coureur : « je ne sais pas quel coureur je suis, je me débrouille, je passe partout. Je n’ai pas fini d’évoluer, j’ai envie de me découvrir. Il faut être polyvalent pour pouvoir faire les grands Tours. »
Car voila, Bastien coche quand même dans le coin de sa tête les courses à étapes sur des temps longs : Tour de France, Giro… « Je ne connais pas trop les courses d’un jour à l’international. J’ai envie de découvrir les classiques Belges, les courses en Italie… Le Giro est une course qui m’attire par sa ferveur populaire, sa difficulté. Le Tour de France est la course hors catégorie. »
Son rêve ? « Gagner des grandes courses, comme le Tour de France, le Giro »

Bastien, impatient reste un passionné, rigoureux et engagé dans ce qu’il fait. Il devra cependant patienter encore quelques temps avant de pouvoir reprendre le vélo sur route, et les compétitions.

Bastien TRONCHON, junior 2 d'AG2R LA MONDIALE

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